EXTRAITS ET ILLUSTRATIONS

DOUZAT VU DU CIEL DANS LES ANNEES 50

DOUZAT VU DU CIEL EN 2007

DOUZAT, petit village bien tranquille de Charente...

Photo : La Charente Libre

DOUZAT SA MAIRIE ET SON ECOLE EN 1900

DOUZAT SA MAIRIE DANS LES ANNEES 50

LA MAIRIE DE DOUZAT DANS LES ANNEES 50

LA MARIE DE DOUZAT EN 2009

  C'est pratiquement à l'entrée du village, que depuis des lustres, la mairie a élu domicile. Ce monument de la République trône entre le croisement de la rue principale, celle qui traverse le village comme une cicatrice et, celle qui dévie sa route discrètement pour vous conduire en faux jeton, du côté de l'hopitau et Hiersac, village et ville voisins.

L'ECOLE ET LE MONUMENTS AUX MORTS

  Sur le monument aux morts est gravé en lettres d'or, tous les noms et prénoms des douzatois qui ont donné leurs jeunes vies pour la liberté de leur pays, certainement sans qu'on ne leur demande leur avis. Après Chaque appel, nous répondions en choeur :

- Mort pour la France !

L'énoncé de ce générique funèbre nous faisait prendre conscience du nombre d'enfants qu'avait perdu ce petit village de trois cent et quelques habitants.

L'EGLISE

  L'église, ou plus éxactement sa cloche, était un élément important pour la vie du village. Les deux postières, ces femmes de lettres, avaient une autre mission importante et pas facile, celle d'aller tous les jours tirer les cloches aux magiciens de la terre, aux artistes de la culture, à ces travailleurs des champs, pour leur annoncer qu'il est midi, avec l'exacte précision de quinze minutes de retard. 

LA PETITE CLASSE

  Devant le nombre croissant d'enfants, monsieur le Maire avec l'approbation de son conseil municipal, a décidé de prendre le buste de Marianne sous un bras et, la photo encadrée du Général de Gaulle, pour aller "occuper" le premier étage.

A la place qu'occupait la Mairie une école supplémentaire était aménagé avec de beaux bureaux de bois clair "modernes", et de "vrais" sièges pour s'asseoir, cette deuxième école allait s'appeler très banalement la "petite" classe.  

LA GRANDE CLASSE

  Je quittais alors ma place avec un immense point d'interrogation au-dessus du crâne. Je sortais dans la cour et, je traversais avec une énorme angoisse, les quelques mètres qui me séparaient de la "grande" classe. Je frappais alors timidement au carreau du bas qui était juste à ma hauteur. Le fait de frapper troublait la classe et, toutes les petites têtes à peine plus âgés que moi me dévisageaient.

LA COUR DE L'ECOLE ET SON MARRONNIER DEPRESSIF

  L'école soudée à la Mairie par un mur citoyen, avait dans le centre de sa cour goudronnée, un marronnier solitaire, centenaire et dépressif, lassé, fatiguée, épuisée d'entendre les cris insupportables des gamins pendant les récrés. On sentait bien certains jours, que le vieil arbre était sur le point de craquer, mais il se contenait, il se retenait, car s'il avait pu, il aurait balancé bien volontiers deux ou trois marrons à tous ces garnements hurleurs, pour exiger le silence.

REMY ET MARTINE

 

 

 

  Je ne sais plus pourquoi, mais un jour que ma petite soeur et moi, nous étions réfugiés sous l'unique marronnier de l'école, Martine va me dire :

- Quand on sera grands, si personne ne nous aime, on se mariera ensemble ! 

CLAIRE B AFFECTUEUSEMENT APPELE "MEME CLAIRE"

  Mémé Claire, si tu savais, Douzat n'a plus tout à fait le même visage depuis que ta petite silhouette solitaire n'arpente plus ses rues étroites et silencieuses. Depuis que tu es partie les rues se sont mises à exiger un référendum pour avoir un nom "comme ça se fait dans les grandes villes"! Le bureau de poste qui faisait de la résistance depuis tant d'année, celui où tu allais chercher le journal, une revue et, accessoirement y poster ton courrier a bien failli ne plus être à l'adresse indiquée et, l'enseigne remplacée par un cachet en deuil. La mère machin ou le père truc se meurent d'ennui depuis que tu ne viens plus leur faire la conversation. Le klaxon bruyant des commerçants ambulants qui venaient jusque dans ta cour, s'est tu pour toujours ! Même la façade de ta grande maison est soudainement devenue grise, les volets, même grands ouverts donnent l'impression d'être définitivement clos.

UN CACHET DE MAUVAISE FOI

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Lorsque j'arrivais chez elle, je n'étais pas en très bonne santé, pas en très bonne état comme l'aurait écrit l'autre, le médecin qui s'était penché sur mes neuf jours d'exigence. C'était pourtant à Douzat, dans cette femme que j'allais retrouver la forme.

COUP DE POMPE !

Je retrouvais le vieux puits et, bien qu'il n'était plus sujet aux coups de pompe, il vieillissait bien mal, il vieillissait seul et abandonné de tous. L'arrivée de l'eau courante l'avait poussé à une retraite définitive et, ça le rendait ronchon. Sa pompe, en permanence désamorcée couinait de douleur dès qu'on essayait de lui prendre le bras, la rouille d'ingratitude avait profité de ce manque d'exercice pour l'envahir de toute part. Elle était devenue en quelques mois, seule, vieille et arthritique.